TAILLON Jocelyne


Nom : TAILLON
Prénom : Jocelyne

Alto / Contralto
Française
(1941 - 2004)

Commentaire :
Née le 19 mai 1941 à Doudeville (Normandie, Seine-Maritime) - décédée à Rouen le 10 juin 2004

Cantatrice dans la plus pure tradition de l’Ecole de chant française avec une voix de contralto colorée et chaude, comédienne expérimentée, elle a été Dame Marthe dans Faust de Gounod, Arnalta dans Le Couronnement de Poppée de Monteverdi ou encore Geneviève dans Pelléas et Mélisande de Debussy à l’Opéra de Paris, au temps de Libermann, elle s’illustra ainsi souvent dans des rôles secondaires qu’elle savait mettre en relief grâce à son talent naturel.

Jocelyne Taillon entre en 1954 au Conservatoire de Grenoble, où elle suit notamment la classe de chant de la soprano Suzanne Balguerie. Normande également, celle-ci avait remporté dans les années 1920-1930 quelques succès à l’Opéra-Comique et à l’Opéra avant de se retirer à Grenoble pour enseigner son art. Elle présente en août 1956 sa jeune élève de 16 ans au Festival national de la voix de Luchon, organisé par Francis Cover et Lys Gauty, et celle-ci reçoit un prix.

Commence alors pour elle une carrière de concertiste, récompensée en 1966 par un 1er prix de chant au Concours de Monte-Carlo, tout en se perfectionnant durant plusieurs années à Paris auprès de Germaine Lubin, en son temps (1938) première cantatrice française (soprano dramatique) à chanter au festival de Bayreuth, qui compte parmi ses élèves également Régine Crespin et Nadine Denize. En 1968, Jocelyne Taillon chante dans Ariane et Barbe-bleue de Dukas à l’Opéra de Bordeaux et l’année suivante interprète Geneviève dans Pelléas et Mélisande au Festival de Glyndebourne, puis au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, au Met de New York et à l’Opéra de Genève. C’est à cette même époque qu’elle brille aussi dans le rôle de Dame Marguerite du Faust de Gounod, le chantant en province (Nantes, Marseille) et à Rome.

Mais c’est à partir de 1973, lorsque Rolf Liebermann l’engage dans sa troupe de l’Opéra de Paris, que la carrière de Jocelyn Taillon prend un réel essor. S’illustrant plus particulièrement dans le répertoire italien et allemand, on la voit apparaître dans les rôles d’Inés (Le Trouvère, Verdi), une Malade (Moïse et Aaron, Schoenberg), Voix d’en haut (Parsifal, Wagner), Curra (La Force du destin, Verdi), Schwertleite (La Walkyrie, Wagner), Erda (L’Or du Rhin, Wagner), Suzuki (Madame Butterfly, Puccini), Mrs Quickly (Falstaff, Verdi), ne dédaignant pas pour autant d’autres grands classiques du répertoire lyrique avec les opéras La Flûte enchantée (Mozart), Roméo et Juliette (rôle de Gertrude, Gounod), Boris Godounov (Moussorgski), L’Enfant et les sortilèges (Ravel), Peter Grimes (Britten)… A l’Opéra-comique elle se produit dans Le Comte Ory (Rossini), Le Médecin malgré lui (Gounod), Le Libertin (Stravinski) et on peut aussi l’entendre au Festival de Salzbourg dans Les Contes d’Hoffmann dirigés par Karajan ou encore dans Les Noces de Figaro (Mozart), La Gioconda (Ponchielli) et Les Troyens (Berlioz) à New York, Falstaff à Buenos Ayres, L’Or du Rhin à San Francisco.
Egalement ardente défenseuse du chant français, on lui doit notamment d’avoir chanté Pénélope de Fauré, Le Rapt de Perséphone d’André Bon et bien autres ouvrages de Berlioz, Gounod, Ravel et Debussy, ainsi que des polyphonies sacrées de la Renaissance (1975, Harmonia Mundi).

Sur disques elle a enregistré Faust avec Montserrat Caballé, Giacomo Aragall, Paul Plishka, dirigé par Alain Lombard (1976, Erato) et avec Placido Domingo, Mirella Freni et Nicolaï Ghiaurov dirigé par Georges Prêtre (1984, EMI), Roméo et Juliette avec Michel Plasson (1983, EMI), Pelléas et Mélisande dirigé par Armin Jordan (1981, Erato) et plus tard par Serge Baudo (1988, BMG France), Les Contes d’Hoffmann sous la baguette de Sylvain Cambreling (1989, EMI), Pénélope conduit par Charles Dutoit en 1982 avec Jessy Norman, Alain Vanzo et José Van Dam (2001, Erato). Il est également possible de l’écouter en compagnie de Barbara Hendricks, l’Orchestre de Paris et Barenboïm dans La Demoiselle élue, pour soprano, mezzo-soprano, chœur de femmes et orchestre, de Debussy (DG) et dans "Mes chères sœurs" extrait de l’opéra Domino noir d’Auber, avec Sumi Jo et l’Orchestre de chambre anglais dirigé par Richard Bonynge (Decca).

Officier dans l’Ordre National du Mérite, officier des Arts et des Lettres, Jocelyne Taillon-Skander était également présidente d’honneur de l’Association "Les amis de Sacchini" et de son ensemble instrumental "Les musiciens du Trianon" et avait fondé un "Prix pour une voix grave de femme" décerné par l’UFAM (degré honneur).

Liste des interprétations de TAILLON Jocelyne
CompositeurType d'oeuvreOeuvreClassificationPhoto
ENESCO Georges Opéra Œdipe Op. 23