BARRIÈRE Jean


Nom : BARRIÈRE
Prénom : Jean
Nationalité : Français
Date de naissance : 1707
Date de mort : 1747
Commentaire :
On sait peu de choses sur le parcours de ce musicien né à Bordeaux le 2 mai 1707 et qui devint un virtuose du violoncelle à une époque où cet instrument supplantait inexorablement, et bientôt définitivement, la viole en France, suivant en cela l’Italie où ces bouleversements étaient intervenus depuis une quarantaine d’années ! Il ne fait aucun doute, cependant, que Jean Barrière avait commencé par étudier la viole, instrument pour lequel il publiera du reste un recueil de sonates.

En 1731, on retrouve Jean Barrière à Paris où il fait son entrée dans l’orchestre de l’Académie royale de Musique, c’est-à-dire l’Opéra, au pupitre des basses, avec des appointements annuels de 450 livres. C’est d’ailleurs de ce titre de « musicien ordinaire de l’Académie royale de Musique » qu’il se prévaut lorsqu’il demande un privilège royal de six années pour faire graver, imprimer et « donner au public plusieurs Sonates et autres ouvrages de musique instrumentale de sa composition », privilège qui lui est accordé par Louis XV, à Fontainebleau, le 22 octobre 1733 ; ces lettres de privilège sont registrées le 1er novembre1 suivant sur le Registre VIII de la Chambre royale et syndicale de la Librairie et Imprimerie de Paris.

Comme tous les musiciens, Jean Barrière vit aussi des leçons et comme tout « bon » musicien, il les dispense aux membres de la bonne société parisienne, celle de la haute bourgeoisie fortunée et de la noblesse. Aussi, lorsqu’il publie son premier recueil destiné à son instrument favori, Sonates pour le Violoncelle, avec la Basse Continüe… Livre Ier, en novembre 1733, Jean Barrière n’hésite pas à le dédicacer à l’un de ses plus illustres élèves, le comte de Guergorlay.

Cette première œuvre gravée de Jean Barrière remporte sans doute un beau succès commercial puisqu’elle sera réimprimée en 1740. L’édition de ce premier recueil de sonates pour le violoncelle est bientôt suivie par celle d’un second, sans doute en 1735. La couverture de ces Sonates pour le Violoncelle avec la Basse Continüe… Livre II nous révèle l’adresse de Jean Barrière à Paris : rue des Poulies, vis-à-vis l’Hôtel de Créqui.
Selon François-Joseph Fétis, qui publie à Paris, en 1860, la seconde édition de sa Biographie universelle des musiciens, Jean Barrière serait parti à Rome en 1736 afin d’aller se perfectionner auprès du virtuose italien Francesco Alborea, qu’on surnomme alors «Franciscello» ou «Francischello» : cela semble étonnant, puisque ce musicien vécut à Vienne de 1726 jusqu’à sa mort, le 20 juillet 1739. Toutefois, c’est un manuscrit rédigé par un employé de l’Opéra de Paris entre Pâques 1738 et Pâques 1739 qui nous apporte la preuve que Jean Barrière a bien effectué un séjour en Italie. Dans un chapitre intitulé « Détail de la regie actuel de l’Academie Royalle de Musique… en 1738 », dans lequel sont indiqués, notamment, les noms de tous les musiciens, avec leur date d’entrée à l’Opéra et le montant de leurs émoluments, on trouve au sous-chapitre des « Basses » la mention suivante : « Barriere. Est allé en Italie par Congé de l’Academie du mois d’avril 1737. Dun Cadet remplit ses fonctions durant son absence, sous le nom de Bariere. Il reprendra sa place a son retour »

Parti en Italie au mois d’avril 1737, Jean Barrière est de retour à Paris dès l’été 1738 puisqu’il se produit à deux reprises au célèbre Concert Spirituel, les 15 août et 8 septembre : il y interprète avec succès des sonates pour violoncelle, ainsi que le rapporte le chroniqueur du Mercure de France de septembre 1738, qui insiste sur la « grande précision » avec laquelle le violoncelliste a joué une sonate de sa composition.

Dans cette même gazette, on peut lire, au mois de novembre 1739, une annonce pour le moins intéressante qui confirme le voyage de Jean Barrière en Italie : « Le Sieur Barrière, de retour d’Italie à Paris, vient de faire graver son troisième livre de Sonates pour le Violoncelle ». Ce recueil des Sonates pour le Violoncelle avec la Basse Continüe… Livre IIIe porte encore le privilège de 1733 qui arrivait théoriquement à expiration le 22 octobre 1739.

Jean Barrière fait une nouvelle demande de privilège, car il a encore d’autres œuvres à faire graver : un privilège, pour une durée de douze années, lui est octroyé par le roi, à Versailles, le 26 décembre 1739 ; les lettres de privilège sont registrées le 5 janvier 1740.

Fort de ce nouveau privilège, Jean Barrière publie, sans doute en 1740, son Livre IVe des Sonates pour le Violoncelle avec la Basse Continüe, qui, comme le Livre IIIe, ne comporte pas de dédicace. La réputation de Jean Barrière est désormais suffisamment forte pour qu’il puisse se passer d’inscrire le nom d’une quelconque personnalité sur la couverture de ses ouvrages. Ce sera encore le cas avec ses deux dernières publications, Sonates pour le Pardessus de Viole avec la Basse Continüe… Livre Ve et Sonates et Pieces pour le Clavecin… Livre VI, dont les cinq premières sonates sont une simple adaptation pour le clavecin des cinq premières sonates du recueil pour la viole !

Jean Barrière meurt à Paris le 6 juin 1747 alors qu’il a atteint le sommet de son art. Devenu le plus grand violoncelliste français de sa génération, la première véritable génération de violoncellistes français, il a ouvert la voie à une autre génération de violoncellistes qui s’épanouira dans les années 1760-1780, celle des Tillière, Cupis, Rey, Nochez, Duport, Lanson, puis Bréval.

Durant sa relativement courte carrière de violoncelliste, Jean Barrière a tout de même eu le temps de faire graver quatre recueils de sonates pour le violoncelle, ce qui fait de lui le compositeur le plus important de cette période en ce qui concerne le répertoire du violoncelle. Rappelons que la littérature pour le violoncelle, si elle a connu un fort développement en Italie dès la fin du XVIIe siècle, avec des compositeurs tels que Attilio Ariosti, Giuseppe Maria Jacchini ou Domenico Gabrielli, il a fallu attendre la période de la Régence, en France, pour voir éclore un intérêt pour cet instrument, alors que la viole était toujours l’instrument-roi, mais allait connaître un déclin assez rapide.
Liste des oeuvres du compositeur Afficher la liste des oeuvres présentent sur des cd Afficher toutes les oeuvres
Sonate, Sonata Sonate en trio n° 2 pour flûte alto, violoncelle & b.c.
Sonate, Sonata Sonate n° 4 pour violoncelle & b.c.